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Dane Porret a gauche Sapho a droite
Therese Liotard et Valerie Mairesse
CELLE qui chante, qui n'arrête pas de chanter, c'est Pauline (Valérie Mairesse), la pétulante, la révoltée. Etudiante en rupture de famille, en 1962, Pauline rencontre Suzanne (Thérèse Liotard). Suzanne ne chante pas, elle est plus douce, plus secrète, résignée en apparence. A vingt-deux ans, elle a deux enfants sur les bras et un troisième s'annonce. Le père, photographe dépressif et désespérant, songe déjà au suicide. Tomberons-nous dans le misérabilisme ? En s'écriant comiquement "Quel mélo !", Suzanne évite cet écueil. Cinéaste ironique et tendre, Agnès Varda sait prendre ses distances, ménager l'émotion et le sourire.
Images précises
Dix ans plus tard. Suzanne retrouve Pauline, devenue "Pomme" au procès de Bobigny, parmi les femmes qui manifestent pour la liberté de l'avortement. Pomme chante toujours, des refrains féministes désormais, et bientôt son fiancé iranien l'emmène dans son pays. Suzanne, après un dur retour à la terre paternelle, est responsable du planning familial à Hyères. Les deux amies se quittent à nouveau, s'écrivent des centaines de cartes postales avant de se retrouver encore... En images précises et belles, Agnès Varda nous conte longuement l'histoire entrecroisée de ces deux vies de femmes. Cela commence très bien, sur ce ton insolite qui n'appartient qu'à elle... Pour l'époque « moderne », elle s'attache à définir soigneusement l'arrière-plan des années 70 : celui des luttes féministes, de leurs difficultés et de leurs victoires. Etrangement, le propos du film s'apparente dès lors au pléonasme. Cinéaste à part entière depuis plus de vingt ans, Agnès Varda n'avait guère besoin, pour nous convaincre de la justesse de ce combat, de joindre sa voix à ce concert enthousiaste et parfois naïf. L'impression qui en reste est celle d'un certain ressassement sur un thème à l'ordre du jour, d'une certaine banalité s'il n'y avait sa chaleureuse humanité.