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  • Le jardinier d'Argenteuil 
    Jean-Paul Le Chanois - 1966
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    Distribution :


     Jean Gabin dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Jean Gabin 


     Liselotte Pulver dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Liselotte Pulver 


     Pierre Vernier dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Pierre Vernier 


     Alfred Adam dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Alfred Adam 


     Noël Roquevert dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Noël Roquevert 


     Mary Marquet dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Mary Marquet 


     Serge Gainsbourg dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Serge Gainsbourg 


     Rellys dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Rellys 


     Albert Michel dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Albert Michel 


     Bernard Musson dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Bernard Musson 


     Robert Rollis dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Robert Rollis 


     Marc Eyraud dans Le jardinier d'Argenteuil
     
     
    Marc Eyraud 

    Si les fiches que je réalise pour BDFF pèchent parfois par leur non-exhaustivité côté distribution, c'est que je n’ai pu réunir le nom de tous les acteurs, faute de preuves. En effet, la passion du cinéma qui m’anime ne m’assure pas toujours les moyens d’investigations suffisants, aussi certaines fiches pourront-elles sembler bien incomplètes aux cinéphiles qui les consulteront. Elles ont cependant le mérite de se baser sur des éléments dûment vérifiés.
    Images du film :
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    Le jardinier d'Argenteuil Le jardinier d'Argenteuil

    Le jardinier d'Argenteuil Le jardinier d'Argenteuil


    Document sans nom

    Mary Marquet et Jean Gabin : Un duo inatendu

    Elle a publié, en avril 1979, chez Jacques Granchet, son quatrième livre de souvenirs. Dans « Vous qui m'aimiez... vous que j'aimais », Mary Marquet révèle, avec sa franchise coutumière, certains traits, inattendus chez les « monstres sacrés ». Ainsi, dans les pages que nous publions, se retrouvent, sur le plateau une Mary Marquet paralysée par le trac et un Jean Gabin d'une confondante gentillesse...

    C'ETAIT au début de 1968. Jean Gabin me téléphona pour m'offrir un rôle dans un de ses films. « Le Jardinier d'Argcnteuil », Prise par deux autres tournages, je n'éspérais pas pouvoir me libérer. Il insista : — J'ai besoin de vous. Mary Marquet. Cette insistance me surprit. Et j'y fus d'autant plus sensible que le ton de ce grand comédien était aussi simple qu'amical. — Alors ? Mary Marquet. vous venez avec moi ? — Oui. je me suis arrangée avec Dormann. — Je suis ravi ! Décidément, je découvre un Gabin inattendu ! En arrivant au studio, je me fis conduire dans sa loge. — Comment vous remercier, monsieur Gabin ? — Me remercier de quoi ? — De m'avoir choisie, d'avoir eu l'air de me connaître. — Je ne connais pas l'actrice de la Comédie-Française, n'allant jamais au théâtre. Je ne me suis assis qu'une fois dans une salle. C'était à l'Opéra-Comique. On jouait « La Tosca ». J'ai tellement rigolé que le public m'a fait sortir par un garde républicain ! Je ne vais jamais au cinéma. Mais je regarde beaucoup la télévision. Je vous connais bien. Le ton est bourru, mais assez gentil. Gabin est timide, c'est sûr. Il est visible aussi que les femmes ne l'intéressent plus ; jeunes ou vieilles, c'est tout comme. Il aime et il admire trop ta sienne. Mais nous y reviendrons. Je tournais une scène dont il n'était pas. Je personnifiais une antiquaire. Comme nous tournions avenue Daumesnil, chez un important brocanteur, le décor était vrai, donc réussi. Au premier plan, un superbe cheval de manège. Au client qui me le marchandait, je demandais un prix excessif. Il discutait, moi aussi. Etant du métier, j'ajoutais de temps a autre une de ces phrases toutes faites que je connaissais bien. Cela agaçait le metteur en scène. — Ce n'est pas dans le texte. — Ça devrait y être. C'est le cliché traditionnel. C'est alors qu'un petit drame éclata. Comme le « client » finissait par acheter le cheval, le metteur en scène dit : — A ce moment, l'acheteur vous remet un chèque, qu'il signe. — Ah ! non, sûrement pas ! m'écriai-jc. Un bon antiquaire refuse les chèques ! — Je n'engage pas une comédienne pour qu'elle m'apprenne mon métier ! Jean Gabin avait l'air de lire Le Figaro, mais il suivait notre discussion sans en perdre un mot. — Erreur ou pas, il fera le chèque. C'est alors que je mis le comble à la fureur de Le Chanois (c'était lui) en ajoutant : — Si vous faites un chèque, monsieur, mettez-le « au porteur ». Le manuscrit tenu par Le Chanois fut jeté à terre avec rage ! — On reprendra la scène en tout début. Pause. Tout le monde se dirigea vers la buvette. Je m'approchai de Gabin. — Cet homme m'exaspère par son entêtement : — Faites donc ce qui vous plaît. Il ne connaît rien à la question et, en plus, vous êtes une remarquable comédienne ; deux raisons pour qu'il se taise ! La scène se passa sans incident, car Le Chanois sentait bien que Gabin m'approuvait... En partant, il me dit très haut : — A demain. Si nous finissons assez tôt, j'aimerais aller voir avec vous un ou deux brocanteurs. Vous vous y connaissez à merveille, ça se sent ! Le lendemain, nous tournions à neuf heures du matin. Dès l'aube, j'avais soigneusement disposé dans ma lingerie tout ce que j'avais sur moi la veille... C'était la première fois que je tournais avec Gabin. J'avais un trac fou. Il s'en aperçut. — Pourquoi avez-vous peur ? Vous êtes si bien. — J'ai peur de vous, monsieur Gabin. — Appelez-moi Gabin. « Monsieur », de vous à moi. c'est ridicule ! — Eh bien ! mon cher Gabin, j'ai très peur de vous ! — C'est gai ! — C'est comme ça ! Je ne suis pas la seule ! — Certains ont raison, pas vous. La script me dit : —« Pensez-vous que la scène suivante « raccorde » avec celle du cheval ? Vous aviez des boucles d'oreilles. Je les sors de mon sac : — Les voilà. — Et une écharpe marron. — Elle est à l'hôtel, sur le lit. On envoie quelqu'un la chercher. L'écharpe n'y est pas. — Elle n'y est pas ! dis-je en entrant dans le studio. J'étais blême. — Il faut aller chez vous.

    Un assistant démarre en voiture. Montmartre n'est pas tout près ! Avec la circulation, cela prendra bien une heure aller et retour. Que d'argent je vais coûter à la production, donc à Gabin ! Celui-ci est d'un calme stupéfiant. — Ne vous énervez pas, Mary. La scène est longue et difficile, le texte excellent et précis. Voyons-là encore une fois. La répétition nous mena vers dix heures trente. A ce moment, coup de téléphone de ma bonne. — Madame a emporté l'écharpe. Je l'ai vue qui la pliait dans la valise. Ce monsieur demande ce qu'il doit faire. — Passez-le moi. Allez tout de suite aux Trois Quartiers. J'y suis venue hier ; demandez ma vendeuse au rayon des écharpes et suppliez-la de me trouver la même. Elle était en soie marron. Je commençais à mourir d'angoisse. Le Chanois était moins furieux que je ne le redoutais. Le calme de Gabin surprenait tout le monde. Sa gentillesse surtout. Enfin, à midi, l'assistant arrivait avec une écharpe, la même. — Une veine ! C'était la dernière. — Combien vous dois-je, pour l'écharpe et le taxi ? — Vous plaisantez, je crois, Mary ? Comptable, réglez le tout ! — Comment vous remercier ? — Pas d'attendrissement, surtout. C'est alors que l'épreuve la plus pénible de toute ma carrière cinématographique commença. Les nerfs à fleur de peau, mon jeu y gagnait, mais ma mémoire me trahissait. Je butais sur des mots. Il fallait recommencer. Trois fois, quatre fois la pellicule fut jetée au panier. Je devenais folle ! — Apportez du Champagne ! Le plateau tout entier entourait Gabin, qui me tendit une coupe avec un sourire d'une bonté infinie. Il servit lui-même les techniciens et dit quelques mots au cameraman... C'est alors que, par deux fois, on dut recommencer sans que j'y sois pour quelque chose. — C'est ma faute, dit le cameraman. A la prise suivante, tout alla bien. La scène était dans la boîte , mais il en fallait une seconde. Arrivés aux deux tiers, Jean Gabin se trompa dans son texte. On reprit pour lui. — Merci, Gabin ! — Qu'est-ce que vous croyez? Je suis fatigué ! Vous voyez bien que cela arrive à tout le monde. Celui qui présente la claquette numérotant la prise annonça : « Quatorzième fois. » — Autant ! dit Le Chanois. Gabin s'est encore trompé... _ — Merci, monsieur Gabin ! — Appelez-moi Jean. — Merci, Jean ! — Vous m'agacez, à la fin, il n'y a pas que vos torts, il y a aussi ceux des autres ! Encore un accroc de lumière et, enfin, à la dix-huitième, la scène avait été prise deux fois de façon excellente. Comble de tout, j'ai retrouvé sur le lit, sous l'amoncellement des boîtes et des produits de maquillage, mon écharpe. La maquilleuse ne l'avait pas vue ! J'ai su, dans le Midi, à quel point Gabin pouvait être généreux : il avait donné l'ordre à la technique de commettre trois ou quatre fautes pour me délivrer du trac. Luî-mcme avait feint la fatigue, (Au moment de ses obsèques, pendant qu'une gerbe de roses rouges disparaissaient dans la mer avec lui, je posai une rose devant son portrait en murmurant : « Merci, Jean ! ».)

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