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  • Claude Dauphin

    Naissance : 1903
    Décès : 1978
    Si vous avez un site Internet ou un blog sur Claude Dauphin
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    Commentaire     LIVRE : Visages du cinéma français Vol.1 : A – B
    Claude Dauphin
    Années 30

    1934
    Claude Dauphin
     
    Le billet de mille

    1936
    Claude Dauphin
     
    Faisons un rêve

    1937
    Claude Dauphin
     
    Battement de coeur

    1938
    Claude Dauphin
     
    Entrée des artistes

    1939
    Claude Dauphin
     
    Cavalcade d'amour

    1939
    Claude Dauphin
     
    Le monde tremblera

    Années 40

    1940
    Claude Dauphin
     
    Paris-New York

    1942
    Claude Dauphin
     
    Les petits riens

    1946
    Claude Dauphin
     
    Tombé du ciel

    Années 50

    1951
    Claude Dauphin
     
    Casque d'or

    1952
    Claude Dauphin
     
    Le plaisir

    1953
    Claude Dauphin
     
    Week-end à Paris

    1954
    Claude Dauphin
     
    Les clandestines

    1955
    Claude Dauphin
     
    Les mauvaises rencontres

    Années 60

    1961
    Claude Dauphin
     
    Revue

    1962
    Claude Dauphin
     
    Le diable et les dix commandements

    1963
    Claude Dauphin
     
    Symphonie pour un massacre

    1963
    Claude Dauphin
     
    La bonne soupe

    1964
    Claude Dauphin
     
    Compartiment tueurs

    1966
    Claude Dauphin
     
    Paris Brûle-t'il ?

    1966
    Claude Dauphin
     
    Un beau dimanche

    1966
    Claude Dauphin
     
    La naissance de l’empire romain : Troisi...

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Les trois vo...

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    L'enfant pro...

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Mise en scène

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Le tir aux p...

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    L'infirme

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Le bistrot

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Escroquerie

    1967
    Claude Dauphin
     
    Lamiel

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Cache-cache

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Le petit jar...

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    La rançon

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Coup de foudre

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    La mort de P...

    1967
    Claude Dauphin
     
    Malican pèr...
    Danger de mort

    1968
    Claude Dauphin
     
    Adolphe, ou l'âge tendre

    Années 70

    1972
    Claude Dauphin
     
    La plus belle soirée de ma vie

    1972
    Claude Dauphin
     
    Églantine

    1973
    Claude Dauphin
     
    Vogue la galère

    1974
    Claude Dauphin
     
    La Putain respectueuse

    1974
    Claude Dauphin
     
    Candida

    1975
    Claude Dauphin
     
    La course a l'échalote

    1976
    Claude Dauphin
     
    Le locataire

    1976
    Claude Dauphin
     
    On croit réver

    1976
    Claude Dauphin
     
    Mado

    1976
    Claude Dauphin
     
    Le siècle des lumières

    1977
    Claude Dauphin
     
    Le point de mire

    1978
    Claude Dauphin
     
    Ce diable d...
    Mourir à Par...

    1978
    Claude Dauphin
     
    Le pion

    1978
    Claude Dauphin
     
    Ce diable d...
    Emilie contr...

    1978
    Claude Dauphin
     
    Ce diable d...
    Les orages d...

    1978
    Claude Dauphin
     
    Messieurs les ronds-de-cuir

    Document sans nom

    Décembre 1978.

    AVEC un goût très sûr, hérité d'une famille de qualité et affiné pendant un demi-siècle auprès des théâtreuses de Paris, de Londres. de Broadway. Claude Dauphin a su parfaitement choisir l'âge, le jour, l'heure et le lieu qui conviennent à la mort d'un comédien. Il avait 75 ans. Il était encore dans la fièvre des répétitions. Se sentant fatigué, il regagna son cinquième étage de la rue Royale, dans cette paroisse raffinée de la Madeleine où il était né et où devaient être célébrées ses obsèques. En vérité, il était né de l'autre côté de la rue adjacente, la rue du Faubourg Saint- Honoré. « J'aurais mis tout une vie, disait-il, à emprunter le passage clouté. » Il était né cadet de l'illustre Jaboune, fils de l'exquis Franc Nohain, et c'est pourquoi il avait choisi de s'appeler discrètement Dauphin. Donc, c'était un dimanche soir et, comme il se sentait mal, son ami Pierre Louis appela l'ambulance. Dernière balade sous les halos des lampadaires. On devait le conduire à Henri-Mondor. Il eut juste le temps de traverser la Seine. C'était cette heure enchantée où les trois coups n'en finissent pas de retentir sur toutes les scènes de Paris, et dont Sacha Guitry disait, en regardant les passants se presser sur les trottoirs : « Mon Dieu ! Ils vont être en retard. » Comme si tout le monde à Paris n'avait qu'une pensée en tête : le théâtre. En vérité, dans la famille Nohain, la vie n'avait pas d'autre but : ajouter quelques répliques bienvenues à Molière, à Beaumarchais et à Labiche, trouver les femmes adorables, jouer aux bouts rimes, perdre un peu à Auteuil, se retrouver chez Maxim's.

    Sous les ordres de Gémier

    Franc Nohain et ses fils servaient, avec désinvolture, une noble cause, à la fois cocardière, cavalière et pétillante, qui s'appelle l'esprit parisien. On se doit d'être un peu Titi, un peu dandy, un peu sans-culotte. Il arriva à Dauphin une aventure étrange. Ses cinquante ans de vie théâtrale chevauchaient à peu près le milieu du vingtième siècle, vingt- cinq ans avant, vingt-cinq ans après. Avant, c'était encore le Paris des poètes, le temps décrié d'Alfred Savoir, de la Guerre de Troie, de la Machine infernale, de Georges Neveux et de Marcel Aymé. Il était alors de bon ton d'aimer le music- hall, la Miss, le Boulevard. Il fallait en passer par Bernstein. « On n'y va pas pour voir la pièce, disait-on, mais pour apprendre à déboucher une bouteille de Champagne. » C'était un peu le savoir-vivre de l'adultère. Dauphin avait appris le métier dans une espèce de monastère vériste, sous les ordres de Gémier. Malgré les répugnances paternelles, il avait fait ses débuts dans « Le Chapeau chinois », de Franc Nohain. "Je monterai la pièce, avait dit Gémier à papa, si c'est ton fils qui la joue. " Chez Bernstein, ensuite. Dauphin incarna l'insolence et la grâce de la nouvelle génération auprès du vieux couple déchiré Victor Francen-Gaby Morlay. Alors, se produisirent les événements que l'on sait, la guerre, la défaite, la Résistance, le Débarquement. Les petits Nohain furent naturellement parfaits. Ils avaient quitté leur vieille paroisse occupée par la Wehrmacht et n'y revinrent qu'avec les chars de Leclerc. Ils avaient su tous les deux être dignes de Gavroche.

    Un extraordinaire Shylock

    Mais, pendant que Jaboune allumait les « 36 Chandelles » de la télévision, Dauphin se sentait devenir fossile. Ses nombreux mariages avaient cessé de le distraire. Il fallait prendre, au-delà de l'an 50, la nouvelle pente du siècle. II comprit très vite : au temps de poètes, avait succédé le temps des cuistres. Les gommes du nouveau roman effaçaient soigneusement les noms de Costeau, Giraudoux, Marcel Aymé. Comme l'a écrit sans rire le quotidien compassé qui fait désormais autorité : « On passait de la comédie bourgeoise au drame social. » Dauphin traduisit très vite qu'il fallait désormais jouer en banlieue. Le Théâtre de la Commune à Aubervilliers lui décerna le nouveau passeport, dont il riait sous cape. « Je me suis reconverti dans les rôles de vieux juifs », disait-il avec un sourire amusé et, pour le prouver, il fut un extraordinaire Shylock dans « Le Marchand de Venise ». Il eut même l'honneur suprême d'interpréter la grande prêtresse Marguerite Duras (je vous demande pardon, Marguerite, ce n'est pas ma faute si vous êtes devenue une case obligatoire du jeu de l'oie). La télévision allait tout arranger, Dauphin y fut superbement le héros de sa famille et de sa vie, un vieux Voltaire sarcastique et bonhomme. Il avait remarqué avec beaucoup de lucidité : « En huit minutes de petit écran, j'ai plus de spectateurs que pendant toute ma vie de théâtre. » C'est pourquoi la télévision porte son deuil. Aujourd'hui, on ne dit plus « Untel de la Comédie-Française » mais « Untel de la Télévision française ». Et Dauphin restera Voltaire. Car, à la télévision, on ne dit pas adieu, mais au revoir. Il n'y a plus de rivière sans retour, puisqu'elle peut revenir, écumante, bouillonnante, nous emporter encore sur le radeau sublime. Et que nous pouvons encore deviner, à travers la couverture, le corps mouillé plus vi vant, plus frétillant que jamais, de l'immortelle Marilyn. Nous reverrons bientôt Dauphin, et son sourire frippé et tendre.

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